ÉCONOMIE : La Banque mondiale presse le Liban de se réformer

À moyen terme, la Banque mondiale propose notamment une foule de réformes qui ont notamment pour but d’améliorer la croissance du pays de manière inclusive.Archives AFP

RAPPORTDe l’électricité aux transports, en passant par la protection sociale, l’institution appelle le gouvernement à saisir l’opportunité « unique » de tout revoir en profondeur

08/05/2017

« Le retour des institutions gouvernementales après une longue impasse politique » constitue une opportunité « unique » pour mener « des réformes décisives (et) nécessaires pour remettre le pays sur le droit chemin ». Tel est le message adressé au Liban par la Banque mondiale (BM), qui a consacré un dossier spécial aux réformes jugées prioritaires pour l’amélioration des services publics et de la transparence de l’action publique dans son dernier rapport sur l’économie libanaise

À court terme, les auteurs du rapport mettent d’abord en avant la nécessité pour le Parlement d’adopter le projet de loi de budget 2017 qui lui a été transmis le 12 avril. Ce serait une première depuis 2005. La BM dénonce un manque « saisissant » de mécanismes de surveillance et de transparence budgétaire, en particulier en ce qui concerne des entreprises ou des autorités publiques telles qu’Électricité du Liban (EDL) et le Conseil du développement et de la reconstruction (CDR). Une autre manière de restaurer la confiance dans les institutions publiques, « corrompues et inefficaces », serait la ratification par le Parlement de la loi de passation des marchés publics de 2013, souligne la BM. Le cadre légal organisant la gestion des commandes publiques, qui date de 1963, est « centralisé de manière excessive ».

Réformes d’EDL
Pointant également du doigt un déficit budgétaire qui s’est creusé de 1,8 point de pourcentage pour atteindre 10 % du PIB en 2016, la BM insiste sur la réforme des dépenses de l’État, minées par les transferts à EDL. D’après les calculs des auteurs du rapport, le ratio de la dette au PIB aurait été de 87,8 % au lieu de 143,1 % en 2013, si EDL n’avait pas été déficitaire. Tout d’abord, le Conseil des ministres devrait voter un décret qui imposerait une augmentation des tarifs en parallèle à l’accélération de la production d’électricité afin de pallier la hausse des transferts à EDL qui en découlerait. « Ce décret serait mis en œuvre sur 3 ans. Au final, les citoyens dépenseraient moins qu’aujourd’hui pour l’électricité, car ils ne paieraient plus pour des générateurs privés », explique à L’Orient-Le Jour Wissam Haraké, économiste à la BM et principal auteur du rapport. Pour « augmenter l’efficacité des opérations sectorielles et réduire ses coûts de fonctionnement », la BM souligne l’importance de la privatisation d’EDL.
– Un programme déjà en partie adopté par le gouvernement. Le ministre de l’Énergie et de l’Eau, César Abi Khalil, a présenté le 31 mars un « plan de sauvetage » du secteur de l’électricité, dont les grandes lignes avaient été adoptées quelques jours auparavant par le Conseil des ministres. Le plan, qui revendique une continuité avec celui de Gebran Bassil, propose la location de navires-centrales supplémentaires, la construction de centrales totalisant 1 000 MW confiée à des opérateurs privés, qui revendront leur électricité à EDL, et la construction de trois unités flottantes de stockage et de transformation de gaz liquéfié importé. Le plan prévoit également d’augmenter les tarifs pratiqués par EDL de « 42,5 % à partir du 1er juillet prochain

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