ÉCONOMIE : Fitch maintient la note souveraine du Liban

L’agence a relevé sa prévision de croissance à environ 3,3 % pour la période 2017-2018. Archives AFP
LIBAN – DETTE
OLJ
14/02/2017

 

Fitch Ratings a maintenu la semaine dernière la note de défaut émetteur à long terme du Liban à « B- » pour les titres de dette souveraine émis en devises et en livres libanaises. Fitch a parallèlement confirmé sa perspective d’évolution de sa notation de « négative » à « stable ». Les autres notes de défaut émetteur du Liban ont également été maintenues à « B- », à l’exception de celle de court terme, maintenue à « B ».
« La notation du Liban reflète des risques politiques et sécuritaires élevés, des finances publiques très faibles et une performance économique anémique. Elle reflète aussi la forte capacité de financement externe du pays, la résilience de son système bancaire et d’autres forces structurelles comme le niveau élevé de son PIB par tête ou des indices de développement humain », a résumé Fitch dans un communiqué.
L’agence a relevé sa prévision de croissance à environ 3,3 % pour la période 2017-2018, un rythme toutefois bien inférieur à celui des années 2000 (5,3 % en moyenne annuelle sur la décennie), ajoute-t-elle. Notant que l’économie libanaise est toujours confrontée aux retombées du conflit syrien et de la présence de 1,5 million de réfugiés, Fitch considère que l’élection du président de la République, en octobre dernier, puis la formation du gouvernement, à la mi-décembre, constituaient « un pas important vers une amélioration potentielle de l’efficacité politique » et pouvaient stimuler la confiance des agents.
Fitch pointe par ailleurs du doigt la grande faiblesse des finances publiques, due à la conjoncture économique et surtout « au manque de réformes fiscales et au niveau élevé de dépenses publiques », malgré le contexte de baisse des prix du pétrole des années 2015-2016. Prévoyant une hausse du déficit public à 8,1 % du PIB en 2016, Fitch note que la dette publique libanaise – estimée à 144,2 % du PIB en 2016 – est la 3e plus élevée parmi celles évaluées par l’agence et devrait s’aggraver en 2017-2018.
Fitch souligne cependant que la capacité du secteur bancaire à financer cette dette publique et les besoins du secteur privé « a prouvé sa résilience », notamment dans le contexte des opérations d’ingénierie financière de la Banque centrale (BDL). Pour rappel, la BDL a indiqué avoir cédé, entre mai et août, plus de 12 milliards de dollars de titres de dette publique en devises à des banques libanaises. En parallèle, la BDL leur a également racheté des obligations publiques en livres pour un montant équivalent, à taux d’escompte de 0 %. De son côté, Fitch fait état d’un montant plus élevé (13 milliards de dollars) et d’une période plus longue (« jusqu’à décembre »).
Pour l’agence, cette ingénierie financière « a eu des résultats mitigés ». D’un côté, elle a stimulé la croissance des dépôts non résidents, aidé à l’amélioration des ratios de capitalisation des banques et dopé les réserves en devises de la BDL. De l’autre, « elle a augmenté la taille et la complexité du bilan de la BDL et les coûts associés à l’opération vont impliquer d’autres pertes pour la BDL », estime Fitch.

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