ÉCONOMIE Après deux ans de récession, le Brésil retrouve la croissance

 

Le président brésilien, Michel Temer, s’était félicité par anticipation mardi de « la fin de la pire récession de l’histoire » du Brésil. Ueslei Marcelino/Reuters
CONJONCTURE
OLJ
02/06/2017

 

L’économie brésilienne a retrouvé le chemin de la croissance au premier trimestre 2017 après deux années de récession, mais l’incertitude plane sur le géant sud-américain, tant la crise politique est profonde et inquiète les marchés
Le produit intérieur brut (PIB) du Brésil a progressé de 1 % lors des trois premiers mois de l’année par rapport au quatrième trimestre 2016, après huit trimestres consécutifs de repli, a annoncé hier l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE). Par rapport au 1er trimestre 2016, le PIB brésilien est cependant en retrait de 0,4 %, a précisé l’IBGE
Le Brésil a connu une chute du PIB de 3,6 % en 2016 et 3,8 % en 2015. Selon les estimations du marché, la croissance devrait être de 0,5 % cette année
Le ministre des Finances Henrique Meirelles a salué un jour « historique ». « Même s’il reste du chemin à parcourir pour atteindre la pleine récupération économique, nous sommes dans la bonne direction », a-t-il ajouté dans un communiqué
Le président brésilien, Michel Temer, s’était félicité par anticipation mardi de « la fin de la pire récession de l’histoire » du Brésil

Marchés inquiets
Ce bon chiffre est annoncé à un moment où les marchés sont inquiets en raison de la grave crise politique que doit affronter le chef de l’État. Un an après avoir succédé à Dilma Rousseff (gauche), destituée pour maquillage des comptes publics, le mandat de M. Temer ne tient pourtant qu’à un fil depuis la révélation à la mi-mai d’un enregistrement compromettant dans lequel il semble donner son accord pour acheter le silence d’un ex-député aujourd’hui en prison
Visé par une enquête pour corruption passive et obstruction passive, Michel Temer fait aussi l’objet de plusieurs motions de destitution déposées au Parlement. Mais le chef de l’État refuse catégoriquement de démissionner et a réitéré sa ferme intention de maintenir le cap des réformes visant à sortir le pays de la récession. Une instabilité qui entretient la nervosité des marchés. L’agence de notation financière Standard and Poor’s a ainsi averti la semaine dernière qu’elle pourrait abaisser la note de la dette souveraine du Brésil en raison de –  l’incertitude politique croissante
L’analyste et ex-président de la Banque centrale Carlos Langoni maintient sa prévision « d’une croissance modeste en 2017, autour de 0,5 % ». Même si, a-t-il précisé à l’AFP, « dans un scénario extrême d’approfondissement de la crise politique, il pourrait y avoir une croissance nulle du PIB, avec une stagnation » économique
Ce trimestre de croissance ne signe pas la fin officielle de la récession, qui nécessite deux trimestres positifs consécutifs, selon plusieurs économistes. « Un trimestre ne représente pas une tendance. Au vu d’un trimestre, il est difficile de dire si le cadre évolue de façon structurelle », a déclaré Mauro Rochlin, professeur de macroéconomie de la Fondation Getulio Vargas (FGV)
Malgré tout, Rochlin estime que plusieurs indicateurs montrent une « tendance à la reprise, même si c’est encore sur des bases très faibles ». La première économie de la région a en effet vu pour la première fois depuis novembre 2014 son taux de chômage baisser, reculant de 0,1 point pour atteindre 13,6 %. Au total, 14 millions de personnes cherchaient un emploi fin avril, contre 14,2 millions en mars, selon les chiffres publiés mercredi par l’IBGE. Le taux de chômage reste extrêmement élevé, alors qu’il était de 11,2 % en avril 2016, mais cette annonce met un terme à un long cycle de hausses ininterrompues
Le destin du président Temer pourrait être scellé par le tribunal supérieur électoral, qui juge à partir du 6 juin des irrégularités dans le financement de la campagne de 2014 menée au côté de Mme Rousseff

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