Des toits aux catacombes, les abeilles rendent Paris « mielleux »

PENDANT CE TEMPS, AILLEURS…En 2015, la capitale française recensait plus de 700 ruches.

OLJ
18/08/2017

Pour rendre visite à ses abeilles installées sur le toit de la Monnaie en plein Paris, en surplomb de la Seine, l’apiculteur Audric de Campeau passe un harnais : « Ce n’est pas dangereux, mais les assurances m’y obligent. »
Place Vendôme, sur le toit d’un célèbre joaillier, des câbles en métal courent sur le zinc entre bouches d’aération et cheminées, pour lui permettre de se mouvoir en toute sécurité avant d’atteindre les trois ruches alignées au sommet de l’immeuble à l’architecture classique. De là-haut, le regard porte loin vers la tour Eiffel et Montparnasse. « J’ai de la chance, mon bureau est dans le ciel », sourit l’apiculteur, âgé de 34 ans, qui troque souvent la combinaison blanche professionnelle contre un simple chapeau de paille recouvert d’un filet de protection. Il a baptisé son entreprise « Le miel de Paris ».
Personne n’a osé verbaliser sa voiture chargée de cadres à miel et de matériels, garée près des voitures de maîtres qui attendent à la sortie de l’hôtel Ritz. Sous le pare-brise, l’apiculteur a pris soin de laisser un grand panneau de signalisation routière portant l’inscription « Attention, abeilles », là où d’autres écrivent « Convoyeur de fonds » ou « Médecin urgentiste ». De fait, son métier le lie à ces deux corporations : produire un miel, qu’il baptise « L’or liquide », tout en s’occupant de la santé de milliers d’ouvrières ailées.

Hydromel souterrain
Ses ruches sont installées au sommet de monuments, dans des cours, sur des terrasses ou sur le toit d’immeubles de bureau. Son itinéraire le fait sauter du toit de la Monnaie de Paris à celui de l’Académie française voisine. Avec de discrets détours souterrains, dans une antique carrière de pierres, où il fait vieillir en fûts de chêne un hydromel de sa création. Commercialisé à 34,90 euros la bouteille de 200 ml, le breuvage, issu de la fermentation de miel, de levures et d’eau, est élevé dans des fûts qui ont déjà accueilli du bourgogne ou du sherry. En 2015, au dernier recensement, Paris comptait plus de 700 ruches. Parmi les plus connues, celles de l’Opéra, installées depuis 1982. Le rucher-école du jardin du Luxembourg, de la Société centrale d’apiculture (SCA), existe depuis 1856.
Source : AFP

اضف رد

لن يتم نشر البريد الإلكتروني . الحقول المطلوبة مشار لها بـ *

*