CULTURE : « Transcender le vécu pour montrer quelque chose de beau »

L’artiste construit son œuvre par couches superposées.

EXPOSITIONLa galerie Tanit à Mar Mikhaël accueille les peintures et sculptures de Ghassan Zard sous l’intitulé « Lucy in the Sky »*

03/02/2017

L’artiste franco-libanais Ghassan Zard expose ses nouvelles œuvres à la galerie Tanit. « C’est un travail assez complexe, basé sur la musique d’abord, surtout sur les lieder de Gustave Mahler, explique le peintre. La musique donc, mais aussi la transparence et la lumière d’où le Lucy in the Sky. J’ai laissé une grande part à l’inconscient. L’idée était de le canaliser tout en gardant une certaine liberté et fluidité. »

La majeure partie des toiles de Ghassan Zard est réalisée sur fond blanc. Seule une série de tableaux noirs dénote. « Même dans cette série, on retrouve une certaine fluidité, transparence et pas mal de lumière, indique-t-il. J’alterne entre un travail minimal et un autre avec plus de matières. Dans la plupart de mes tableaux, j’utilise de l’acrylique, sauf dans la série en noir et blanc où la peinture à l’huile donne une certaine profondeur. »

À la question de savoir s’il s’inspire de son expérience, l’artiste répond : « Mes toiles sont abstraites, on ne peut donc pas réellement parler de vécu. Ce qui m’importe, c’est transcender le vécu pour montrer quelque chose de beau. »
Quant à l’élaboration de ses toiles, « c’est une attaque et un jeu en même temps, explique Ghassan Zard. J’attaque la toile blanche. Une fois en face, je me laisse aller. Et je joue avec la notion d’apparition et de disparition. Chaque tableau est retravaillé, à chaque fois, en entier. C’est une superposition de couches. Parfois, on ne voit pas ce qu’il y a derrière, d’autres fois, si. Il arrive aussi qu’on pense qu’une couleur est occultée par une autre, alors qu’en fait ce n’est pas le cas. L’objet caché donne une autre dimension à la couleur qui apparaît. Par ailleurs, j’utilise les couleurs de manière complètement inconsciente. Picasso disait : “Quand je n’ai pas de bleu, je mets du rouge.” C’est au feeling, ce sont des automatismes. »

Et le titre ? « Lucy in the Sky est une chanson des Beatles. Lucy, c’est la lumière dans le ciel. Lucy, c’est aussi la mère des hommes, de l’humanité. »
« En fait, mes toiles me ressemblent. Je suis quelqu’un d’assez complexe pour ne pas dire compliqué et en même temps joyeux », conclut Ghassan Zard.

* Jusqu’au 4 mars, galerie Tanit, Mar Mikhaël.

UN SQUELETTE ET UNE CHANSON

Lucy, l’australopithèque la plus célèbre du monde, a été découverte en novembre 1974, à Hadar en Éthiopie. On doit cette mise au jour à trois scientifiques : l’Américain Donald Johanson, paléoanthropologue qui a trouvé le premier fragment avec un de ses étudiants, et les Français Maurice Taieb et Uves Coppens, respectivement géologue et paléontologue. Le soir même de la découverte de l’australopithèque, l’équipe de chercheurs improvise une fête durant laquelle la chanson des Beatles, Lucy in the Sky with Diamonds, résonne. Lucy est baptisée.

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