CULTURE : Qui sont ces Graffiti Men qui dessinent sur les murs de Beyrouth

 

Projection à l’Institut français du Liban d’un documentaire qui interroge l’avènement du graffiti sur les murs de la capitale.

20/07/2017

Ils ont entre 22 et 37 ans et sont de talentueux artistes. Exist, Moe, Barok, Eps et Uncle Fish ont commencé le graffiti il y a quelques années avec l’envie de donner des couleurs à la capitale libanaise. Leur histoire est contée dans le premier documentaire de Sarah Claux, Graffiti Men, au moyen d’interviews, d’anecdotes et de plans des murs ornés de graffs à Beyrouth. La réalisatrice a eu l’idée de son documentaire sur les conseils du graffeur français Pierre de Rouget et tenté de réunir des artistes encore peu médiatisés au sein de son projet.

Allier les influences
Une réflexion s’impose rapidement dans le documentaire : comment mélanger un fond culturel arabe traditionnel avec une influence plus occidentale qu’est la culture hip-hop ? Car la calligraphie arabe est un art ancien qui inspire les jeunes artistes autant que le graffiti contemporain. Le défi pour ces jeunes créateurs est donc de fusionner leurs diverses influences qui vont de la science-fiction aux cartoons, en passant par l’écriture arabe ou tout simplement les observations du quotidien.

Revendication artistique
L’expression est purement « artistique », ne cessent de répéter les graffeurs. Le politique ne les intéresse pas. Et selon Uncle Fish, la réception est plutôt positive face à cette initiative : « Les gens aiment que ce ne soit pas politique. » Ils veulent de la couleur dans les rues. Ils cherchent à faire reconnaître le graffiti comme un art à part entière. Eux-mêmes diplômés en graphic design, ils ont donc développé une conscience artistique entre l’officiel universitaire et l’officieux de la rue.

Au cœur de l’ébullition créatrice de la ville
Graffiti Men explore également une partie de la scène hip-hop de Beyrouth en suivant les artistes dans leurs lieux de partage et de création. On croise ainsi le DJ Chyno, également sur la bande-son du documentaire, qui se produit à Radio Beirut, ou les diverses créations sur les murs de la ville, signées par les graffeurs. Interrogé, le fidèle vendeur de peinture aérosol, répond tout de go : « C’est l’art de demain au Liban. »

Le paradoxe de la commercialisation du graff
Face à ce développement artistique, de nombreuses enseignes se sont intéressées au genre et ont commencé à passer des commandes. Cette nouvelle exigence commerciale perturbe les artistes sur l’avenir du graff à Beyrouth. La perte de l’identité et de l’état d’esprit initiale de cet art apparaît comme un risque potentiel. Un nouveau challenge reste donc à relever : la transmission…

* Graffiti Men sera projeté en avant-première en septembre à la Folle Journée Street Art 2017.

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