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CULTURE : Quand Asma Abdelkarim raconte Beyrouth…

07/02/2017

Elle a été décrite, racontée, encensée, recensée, célébrée et dénigrée un nombre incalculable de fois… Et pourtant Beyrouth, à l’instar d’une séductrice attachante et rouée, aussi fascinante qu’exaspérante, continue d’inspirer textes et ouvrages divers. Le dernier en date est à la fois un témoignage, le récit d’un parcours initiatique et un essai sur cette ville de tous les (im)possibles. Paru aux éditions Géorama, Raconte-moi Beyrouth, la vigne et le lierre est le résultat des retrouvailles, pleines d’émotion, d’Asma Abdelkarim avec ses racines libanaises. La jeune femme, journaliste, spécialiste du Moyen-Orient, est de père libanais et de mère tunisienne. Elle est née et a grandi en Tunisie, avant de décider de partir à 18 ans sur les traces de ses ancêtres.

À Beyrouth – entre 2002 et 2007 – elle poursuit une partie de son cursus universitaire à l’UL puis à l’USJ. Elle découvre ainsi « un monde aussi complexe qu’attachant, des facettes souterraines, des déchirures sociales et d’énormes contradictions sous l’apparente émancipation de cette ville, comme de ses femmes ». C’est à Beyrouth aussi qu’elle rencontre son « âme sœur », un étudiant français qu’elle finira par rejoindre en France, où – parallèlement à son doctorat sur le paysage médiatique de la région MENA après les soulèvements du printemps arabe – elle travaille actuellement en tant que journaliste et traductrice. Et c’est parce que dans l’Hexagone on lui demande souvent de « raconter Beyrouth » qu’elle s’est lancée dans l’écriture de cet ouvrage. « Je voulais retranscrire ce que j’avais vu, vécu et ressenti dans cette ville et ce pays. Mais j’avais l’impression de ne pas le faire correctement à l’oral. J’avais le sentiment que ce que j’en disais était, à chaque fois, très biaisé et très commun. J’ai alors décidé de coucher mes impressions, mes souvenirs, mes histoires sur papier », confie Asma Abdelkarim.

Apparences dévergondées et mentalités traditionalistes
Ce livre est donc né « d’un désir de raconter Beyrouth avec ma sensibilité mais aussi en toute lucidité », assure la jeune femme. « Et puis, j’ai pensé qu’il fallait documenter toute cette période au cours de laquelle il y a eu la série d’attentats visant les personnalités antisyriennes. J’étais sur place. J’ai vécu le 14 mars 2005 et tous les événements de cette période, dont on a beaucoup parlé politiquement, mais beaucoup moins d’un point de vue humain, il me semble. Je voulais donner une opinion de jeunes qui y ont participé. D’autant que je pense avoir une vision à la fois différente de celle d’une Libanaise qui est née et a vécu toute sa vie au Liban et de celle d’une Française ou d’une Occidentale. »

Il y a du militantisme dans les lignes de cette jeune journaliste qui décrit des personnalités, des événements et des situations politiques sans la moindre langue de bois. Mais le lecteur perçoit aussi la sensibilité et la tendresse de son regard porté sur une société, un pays « aux apparences dévergondées et aux mentalités traditionalistes », écrit-elle.

Une mentalité qu’elle dépeint à travers ses rencontres et tribulations. Dans lesquelles elle entraîne le lecteur à sa suite depuis les ruelles de la banlieue sud jusqu’aux confins de la Békaa ; depuis le foyer de la Sagesse jusqu’aux plages de femmes, ou encore des bancs d’universités aux salons beyrouthins…
Tout cela et plus encore est relaté d’une plume vive et percutante, fluide et sincère (parfois même un peu trop) qui rend la lecture de Raconte-moi Beyrouth prenante et agréable.

En somme, ce livre s’adresse autant aux étrangers qui ont envie de se familiariser avec le Liban avant de s’y rendre, qu’aux Libanais eux-mêmes qui ont envie de le redécouvrir à travers le regard d’une journaliste pas tout à fait étrangère, pas tout à fait libanaise non plus.
Disponible chez Antoine, où Asma Abdelkarim avait donné une séance de signature en janvier dernier.

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