CULTURE : L’hommage à Samir Frangié

Une vue de la conférence de presse, de gauche à droite : Jeroen Dubois, Lynn Tehini, Maroun Asmar, Bruno Foucher, Monika Schmutz Kirgoz et Hervé Sabourin. Photo Michel Sayegh

SALON DU LIVRE FRANCOPHONE
Dédié cette année à la mémoire de l’intellectuel engagé, l’événement sera inauguré le 3 novembre en présence de Françoise Nyssen, ministre française de la Culture.
Zéna ZALZAL | OLJ04/10/2017

Du 4 au 12 novembre, le Hall 3 du BIEL hébergera l’un des événements les plus attendus du calendrier culturel libanais : le Salon du livre francophone de Beyrouth. L’annonce en a été faite, hier, au cours d’une conférence de presse tenue au siège de la Bankmed, par l’ambassadeur de France, Bruno Foucher, entouré de Lynn Tehini (représentant le ministre de la Culture Ghattas Khoury), de Maroun Asmar (membre du conseil d’administration de la Bankmed, principal sponsor), de l’ambassadrice de Suisse, Monika Schmutz Kirgoz, du chargé d’affaires de l’ambassade de Belgique, Jeroen Dubois, du directeur régional de l’AUF au Moyen-Orient, Hervé Sabourin. En somme, les représentants des principaux organisateurs, auxquels s’est joint Michel Hélou, directeur exécutif du groupe L’Orient-Le Jour, dont la contribution aux conférences, tables rondes et débats a été renforcée cette année.
Troisième plus important Salon du livre français après ceux de Paris et de Montréal, ce rendez-vous, placé sous le haut patronage du président de la République et en présence cette année de la ministre française de la Culture, Françoise Nyssen, continue malgré tous les aléas (sécuritaires ou budgétaires…) à promouvoir l’amour de la lecture, de la découverte de l’autre et du débat d’idées : tout ce qui faisait l’univers du brillant intellectuel et grand homme de convictions qu’était Samir Frangié, un habitué du Salon, lequel lui est « dédicacé » cette année. Ainsi, au cours de cette 24e édition, expressément intitulée « En hommage à Samir Frangié », l’Institut français du Liban et L’Orient littéraire donneront la parole, à travers conférences et tables rondes, à d’éminentes personnalités qui l’ont côtoyé. La création de la Fondation Samir Frangié sera également annoncée au cours de cette manifestation ainsi que la présentation du recueil de ses articles sur la guerre du Liban et le vivre ensemble, publié aux éditions L’Orient des livres sous le titre La Révolution tranquille.

Éric-Emmanuel Schmitt, Leila Slimani et des ateliers gastronomiques
Avec cette année 57 exposants (libraires et éditeurs) et 180 auteurs, dont 90 français – « certains particulièrement renommés, comme l’académicien Éric-Emmanuel Schmitt, le Prix Goncourt 2016 Leila Slimani, le poète et écrivain libanais Salah Stétié, le réalisateur Cyril Dion, ou encore le couple de bédéistes Catel Muller et José Louis », signale l’ambassadeur de France –, ce Salon semble chercher le parfait équilibre entre littérature française et d’expression française. La liste de ses participants révèle d’ailleurs une pléthore de nouveaux auteurs (arabophones notamment) libanais…
À l’instar des trois dernières éditions, plus de 80 000 visiteurs, dont 20 000 élèves, sont attendus durant cette semaine. Et un foisonnant programme de quelque 200 activités a été mis en place pour en faire autant un rendez-vous littéraire que festif. Ainsi, outre les habituels débats, conférences, cafés littéraires, séances de signature et expositions (dont celle dédiée aux « 15 leaders qui ont marqué l’histoire contemporaine du Moyen-Orient » au stand de L’OLJ), des représentations artistiques, des animations pour enfants (dont une garderie « I Play »), des ateliers culinaires et gastronomiques, et du cinéma introduisent une certaine nouveauté dans cette 24e édition.

Le Salon fait son cinéma
En effet, avec le soutien de la SGBL, le Salon fait son cinéma cette année avec des projections in situ, notamment celle du documentaire multiprimé Demain, coréalisé par Cyril Dion, qui sera présent à Beyrouth, et l’actrice Mélanie Laurent. Et puis, il y a la désormais traditionnelle proclamation, dans le cadre de ce Salon, du Choix Goncourt de l’Orient, en présence, cette fois-ci, d’Éric-Emmanuel Schmitt et de Leila Slimani, le vendredi 10 novembre ;
l’ouverture par Salah Stétié de La Nuit de la poésie, le 11 novembre… Il est évidemment impossible de signaler, dans ces colonnes, l’ensemble des temps forts et des activités intéressantes. Pour en savoir plus, consultez le programme disponible sur le web à l’adresse suivante: www.salondulivrebeyrouth.org. Le programme des activités organisées par le groupe L’Orient-Le Jour sera également mis en ligne sous peu.

Ils ont dit :

Bruno Foucher : « Ce n’est pas par hasard si ce Salon se tient à Beyrouth, pays dans lequel la liberté d’expression reste bien plus forte que dans n’importe quel autre de la région. (…) C’est profondément un moment de fête du français, cette langue qui fait partie intégrante de l’histoire et de l’identité du Liban, et qui contribue à sa diversité et sa force(…) Deux tiers des traductions du français vers l’arabe se font vers le Liban. (…) Les Libanais achètent cinq fois plus de livres que les Algériens, les Tunisiens ou les Marocains. »

Maroun Asmar : « L’exceptionnel thème de cette année, “Hommage à Samir Frangié”, – lequel a su conjuguer son amour pour la langue française avec une réflexion féconde pour le renouveau de l’arabité – évoque la place du livre qui, au-delà de son rôle de véhicule de culture, est un moyen d’inciter, à travers une plus grande ouverture vers les autres, à la compréhension et la tolérance. »
Lynn Tehini : « Le ministère reste plus que jamais un grand défenseur de la francophonie et des valeurs qu’elle incarne. Le soutien à l’édition francophone au Liban est, notamment, au cœur de son engagement. J’en profite pour lancer un message aux auteurs qui voudraient en bénéficier. »

Monika Schmutz Kirgoz : « Pour nous, ce Salon est un lieu privilégié pour partager non seulement la promotion de la langue, mais également pour présenter les valeurs auxquelles la Suisse est très attachée et qu’elle partage beaucoup avec le Liban : la diversité, la démocratie, la multiculturalité, l’éducation et même le pluralisme religieux. »

Michel Hélou : « Cette édition est particulière pour nous, car elle sera tenue en hommage à Samir Frangié qui a commencé sa carrière à L’Orient. Il a été un grand journaliste avant de devenir écrivain puis leader politique et parlementaire. »

Le top 10 de la rédaction

Une liste, évidemment non exhaustive, de ce et de ceux que vous pourrez, comme nous, avoir envie de découvrir, d’écouter, de rencontrer…

– La Vengeance du pardon (Albin Michel), le dernier roman d’Éric-Emmanuel Schmidt.
– Le Manuscrit de Beyrouth, Jabbour Doueihy (Dar el-Saqi et Actes Sud/L’Orient des livres)
– Ma très grande mélancolie arabe (P.O.L), le nouveau roman graphique de Lamia Ziadé.
– Soie et fer, du Mont-Liban au canal de Suez (Actes Sud) de Fawaz Traboulsi.
– From This Broken (Noir, Blanc, etc.), recueil de poèmes de Michel Hajji Georgiou.
– Imago (Actes Sud), roman de Cyril Dion, et Demain, le film qu’il a coréalisé avec Mélanie Laurent. Projection suivie d’une table ronde avec les ONG.
– L’hommage à Samir Frangié, à l’Agora. Avec entre autres intervenants Marwan Hamadé, Jean-Pierre Perrin, Dominique Eddé, Ziad Majed et Léa Salamé.
– Rabih Alameddine, Prix Femina Étranger 2016 pour Les Vies de papier.
– Débat avec Dominique Eddé et Karim Bitar autour de l’ouvrage de la première : Edward Saïd, le roman de sa pensée.
– Darina el-Jundi. Table ronde autour de son roman Prisonnière du Levant, la vie méconnue de May Ziadé.

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