اخبار عاجلة

CULTURE : La remontée des enfers de Sayed Darwich

Dans « Ein el-Chaytan », Jaber essaye de montrer l’autre face de Sayed Darwich, un homme en proie à ses démons, à ses craintes, ses angoisses.
SPECTACLE« Ein el-Chaytan » est une performance musicale, visuelle et théâtrale signée Hicham Jaber, où le précurseur de la musique contemporaine arabe s’interroge sur l’amour, la vie et la mort.

C.K. | OLJ
28/02/2017

À son anniversaire, Najib el-Rihani a reçu de Sayed Darwich une photo sous laquelle était inscrite la phrase suivante : « De la part d’un homme mort aux morts ». C’est à partir de cette vision sombre et teintée de noirceur que Hicham Jaber a construit une prestation qui suit le parcours d’un des plus grands musiciens de son temps, disparu dans la trentaine. Prolifique, on disait que Darwich pouvait composer cinq pièces en un mois. En effet, de 1917 à 1923, le compositeur de l’hymne national égyptien crée 20 pièces théâtrales et devient dans les années 20 l’une des plus grandes figures modernes représentant à la fois le populaire et l’esprit nationaliste.

Dans Ein el-Chaytan, Jaber essaye de montrer l’autre face de Sayed Darwich, un homme en proie à ses démons, à ses craintes, ses angoisses. Accusé de toxicomanie dans une société aux règles rigides, il a souffert tout au long de sa courte vie de l’injustice des autres et de sa condition d’artiste.
Pour représenter cette descente aux enfers, Jaber divise la scène en deux. Les musiciens habillés tout comme à l’époque shakespearienne semblent également sortir d’un tableau de Vélasquez. Seules leurs figures apparaissent dans le noir. Sous eux, Maryam Saleh, clown triste et grimé, au faciès blanc tout comme les morts, répète les chants de Darwich dans un style incantatoire parfois exaspérant. Son visage, en proie à des contorsions, devient à certains instants un rictus béant comme une grande plaie ouverte. Mais cela semble volontaire de la part du metteur en scène, car comment représenter le monde des limbes dans lequel vivait l’artiste ? Comment témoigner de la souffrance si ce n’est qu’en tirant sur l’arc jusqu’à ce qu’il ploie et qu’il grince. Comment, enfin, donner corps à l’absurdité qu’affronte tous les jours un artiste ? Dans la seconde partie de la scène, qui se situe sous la chanteuse, défile un graphisme mouvant bien élaboré qui reflète à nouveau tous ces diables, diablotins, Azraël ou Iblis qui parlent, ricanent et s’amusent en faisant des facéties. Jaber entraîne donc le spectateur, à son corps défendant, dans cette descente aux enfers. Un spectacle qui attire ou qu’on répugne de voir – car il n’est pas évident de s’abandonner totalement à cette noirceur –, mais qui ne laisse certainement pas indifférent autant ce visuel laisse une marque indélébile dans nos esprits.

Ce mardi soir et demain mercredi 1er mars au Metro al-Madina à 21h30.

اضف رد

لن يتم نشر البريد الإلكتروني . الحقول المطلوبة مشار لها بـ *

*