CULTURE : Claude Rich, un des derniers Mohicans

Le sourire lumineux de Claude Rich. Photo AFP
HOMMAGE
C. K. | OLJ
27/07/2017

Acteur de théâtre, de télévision et de cinéma, patriarche d’une grande famille, mais surtout belle âme généreuse, Claude Rich s’en est allé le 20 juillet. Allure d’aristocrate aux yeux pétillants et charmeurs, le comédien à la silhouette de jeune homme, malgré ses 88 ans, a vécu une vie lumineuse mais discrète d’antistar, restant fidèle à une seule femme toute sa vie (chose rare dans ce milieu). Il a su mener son combat contre le cancer en toute dignité. Ses obsèques ont été célébrées hier, mercredi, dans les Yvelines. Encore une page de tournée dans le grand livre du cinéma français. Pourtant, à l’annonce de sa mort, les chaînes de télévision ont fait preuve d’un silence… outrageant. Il aura fallu l’indignation du président d’honneur du Festival de Cannes, Gilles Jacob, pour briser ce silence. Lundi sur Twitter, il demande « la réparation de cet oubli ». Une pétition pour « prier le service public de passer un film avec Claude Rich. C(‘est) bien le moins. On ne devrait pas avoir à demander ».
Un message qu’il a adressé aux utilisateurs du réseau social, les priant de le diffuser le plus possible. L’appel, repris plus de 5 000 fois, semble avoir été entendu par les dirigeants de France Télévisions qui se rattraperont en diffusant La Bûche (France 3) et Le Crabe-Tambour (France 5).
L’acteur, également auteur dramatique passionné d’histoire et qui avait tant donné à la culture française, ne méritait pas moins. Avec à son actif plus de cinquante pièces et près de 80 films, sur une soixantaine d’années de travail, il est difficile de faire le tour de l’ensemble de sa prolifique carrière. Il suffit simplement de se remémorer l’exaspérant Antoine Delafoy face à Lino Ventura dans Les Tontons Flingueurs, le Christian Martin brillant de simplicité et donnant la réplique à Louis de Funès dans Oscar et enfin le rôle de Talleyrand, taillé à sa mesure, qui lui a valu le César en 1993. En incarnant le Diable boiteux dans Le Souper, Claude Rich avait, alors, fait preuve de la diversité et de l’immensité de son talent.

C.K.

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