CULTURE Cannes confirme le Liban comme vivier de talents

 

ÉVÉNEMENTL’ancienne génération du cinéma et sa relève ont brillé pour la 70e édition du Festival de Cannes

15/06/2017
Comme chaque année depuis douze ans, le Liban a foulé le tapis rouge du prestigieux rendez-vous cannois. Le pavillon libanais, grâce aux efforts conjugués de l’Office libanais du tourisme en France et de la Fondation Liban Cinéma (FLC), a été créé pour promouvoir l’industrie du cinéma libanais à Cannes. Mais cette année 2017 avait un goût particulier pour le Liban, sélectionné au projet de La Factory. Initié par la réalisatrice Dominique Welinski, et en partenariat avec la Quinzaine des réalisateurs, La Factory fait travailler en binôme quatre réalisateurs du pays choisis avec quatre réalisateurs étrangers pour réaliser quatre courts métrages. L’objectif étant de promouvoir de jeunes talents en leur permettant de concrétiser un projet de premier ou deuxième long métrage. Et pour la cinquième édition, le Liban était à l’honneur. Sélectionnés par un comité composé des principaux partenaires (Abbout Production, Dominique Welinski, La Quinzaine et la FLC), Mounia Akl, Shirin Abu Shaqra, Rami Kodeih et Ahmad Ghossein ont eu quelques mois pour coréaliser leurs films mettant en avant le Liban sous toutes ses dimensions

La meilleure édition de La Factory

Des échos plus que positifs ont couronné ce travail de qualité. À travers ces courts métrages avec pour thèmes « le nouveau visage de Beyrouth », « les réfugiés syriens » ou « l’environnement », le Liban s’est distingué parmi toutes les éditions de La Factory. Les initiateurs du projet sont ravis de ce triomphe. « Depuis Cannes, nous avons beaucoup de demandes de festivals », se réjouit Maya de Freige, présidente de la FLC. Cet événement a permis de créer des contacts pour donner une meilleure visibilité au cinéma libanais à l’étranger et de l’ouvrir aux marchés internationaux, notamment le festival suisse de Locarno, Sundance, ou encore celui de Mar Del Plata en Argentine, ajoute-t-elle. Ce n’est donc pas l’ambition qui manque et cette édition cannoise ne peut qu’être prometteuse pour l’avenir du 7e art libanais. En outre, cette nouvelle génération florissante de réalisateurs n’est que la suite d’une histoire plus ancienne, également mise à l’honneur à Cannes cette année

Les jeunes talents libanais ne sont pas les seuls à avoir conquis le public. Georges Nasser, le pionnier, l’avait fait bien avant eux en 1957, avec son film Ila Ayn ? (Vers l’inconnu). Dans le cadre du soixantième anniversaire de son film et de sa sélection au Festival de Cannes, un hommage émouvant a été rendu au réalisateur libanais nonagénaire et présent pour l’occasion. Ce film sur l’émigration (toujours d’actualité), restauré en France, grâce au soutien financier de la Bankmed et rediffusé en France, a été sélectionné pour les Cannes Classics 2017.Thierry Frémaux, directeur artistique du Festival de Cannes, a affirmé durant une soirée « multigénérationnelle » que le Liban, petit pays, était «grand par ses talents». Après cette expérience unique, la FLC et ses partenaires comptent revivre ces moments forts, en appelant cependant les pouvoirs publics à s’engager davantage. « Il faut que les pouvoirs publics s’impliquent plus et soutiennent ce secteur culturel créateur d’emplois, qui contribue au rayonnement du Liban», conclut Maya de Freige

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