CULTURE : Bienvenue dans les jardins de Rima Amyuni…

23/02/2017

Des jardins fleuris, des pins, des oiseaux… Baptisée Paradis fleuri par son défunt ami le professeur Mounir Chamoun, l’exposition de Rima Amyuni est touchante de simplicité. Des jardins de Batroun, à ceux de Bkerzay en passant par Kfour, ou encore Sourat, cette Libanaise d’origine s’inspire directement de son environnement. À travers les 11 fenêtres de sa maison, elle s’est également amusée à reproduire toutes formes d’objets du quotidien, comme une maison, un radiateur ou encore un tracteur.
L’exposition n’a rien d’académique. Peintes à l’acrylique et à l’huile, les toiles ne sont pas le résultat de perspectives ou de toutes autres pratiques picturales. Et pourtant, l’artiste de 63 ans n’en est pas à ses débuts.
Diplômée de la Columbia University de New York, elle a décroché en 1995 le premier prix du musée Sursock au cours de la 18e édition du Salon d’automne. En plus de peindre plus de 12 heures par jour, elle apprend les techniques de la céramique et de la poterie depuis 2010. Et lorsqu’elle travaille, Rima Amyuni ne cherche pas la complexité. « Malgré la guerre et la destruction autour de nous, Rima Amyuni s’attarde sur les petites choses positives du quotidien, parmi lesquelles la nature », explique Saleh Barakat, expert en arts et directeur de la galerie Agial Gallery. Si elles ne poussent pas à réfléchir, à l’image des œuvres politiquement engagées de Tony Chakar, celles de Rima Amyuni « ont l’avantage de provoquer une bouffée d’oxygène », ajoute-t-il. « À la Agial Gallery, on aime alterner entre les sujets difficiles et moins difficiles. Dans un pays bouleversé comme le Liban, on a besoin de quelque chose de très frais », sourit-il.
En janvier 2015, la galerie avait déjà exposé une collection de Rima Amyuni. A Tribute to a House Fairy présentait son travail sur les « fées du logis ». Là encore, l’idée n’était pas de défendre un discours militant, mais de s’inspirer du dévouement de sa domestique.

« Paradis fleuri », à la galerie Agial, rue Abdel Aziz, Hamra. Jusqu’au 11 mars.

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