CULTURE : Ara Malikian, un gymnaste du violon pour une musique qui rend heureux

Ara Malikian : « La plus belle chose dans ma profession est le pouvoir de la musique qui doit rendre les gens heureux. »

FESTIVAL DE BYBLOS / E-TERVIEWQu’il joue du Vivaldi ou du Zeppelin, Ara Malikian* reste un virtuose baroque du violon. Au jeu des questions-réponses par e-terview, les cordes ont éloquemment vibré.

26/07/2017

Il défraye les chroniques et demeure inclassable, sauf en tant que prince de la boîte magique nichée au creux de son épaule. Qu’il arbore une coiffure ébouriffée avec cheveux en pétard ou bandana de pirate des Caraïbes au front, Ara Malikian jongle avec une dextérité extrême sur les crêtes d’un répertoire non seulement vertigineux mais faisant feu de tout bois. Par-delà des réponses relativement sages et mesurées, en rocker déchaîné ou tzigane enflammé, l’artiste a une approche électrique (et éclectique !) et sans frontières des cordes du violon.

Beyrouth est votre ville natale. Après combien d’années d’absence y revenez-vous et dans quel état d’esprit ?
J’ai quitté Beyrouth depuis 1984 et j’y suis retourné quelquefois. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que je me prépare à donner ce concert dans un lieu aussi emblématique que Byblos.

Mon père était violoniste et un grand amoureux du violon. Il m’a transmis cette passion.

Êtes-vous à l’image de Nigel Kennedy un enfant terrible de la musique classique ?
Je ne me considère pas un artiste ni turbulent ni excentrique. Je fais la musique que je comprends, sans imiter personne…

Quelle est votre fierté professionnelle ?
La plus belle chose dans ma profession est le pouvoir de la musique qui doit rendre les gens heureux.

Quel livre sur votre table de chevet ?
Malheureusement je ne lis pas autant que je le souhaite. Récemment, j’ai apprécié la lecture des œuvres de Murakami.

Vos plus belles rencontres de scène ?
Je suis très chanceux d’avoir vécu de grandes rencontres à travers la scène en croisant des artistes de tous bords. Aussi bien des musiciens, des danseurs, des acteurs… C’est la part enrichissante
de mon parcours.

Un grand musicien qui parle à votre cœur et aux cordes de votre violon ?
Il y en a plusieurs, mais si j’ai à faire un choix ce serait Bach et Paganini.

Un objet dont vous ne vous séparerez jamais ?
Jamais sans mon violon, sans aucun doute !

Si vous n’étiez pas un musicien et un violoniste, vous auriez été quoi ?
Je ne sais pas. Maintenant je suis violoniste et j’en suis si heureux que je ne peux même pas penser à autre chose. Pour cela, je suis éternellement reconnaissant à mon père !

Quel est votre meilleur souvenir de scène (ou de lieu) dans votre carrière ?
Depuis mon premier concert à Beyrouth, à l’âge de 12, j’ai vécu tant d’expériences de scène formidables. Et je me dis toujours que le meilleur reste à venir…

Une leçon du passé à retenir ?
Essayer d’apprendre toujours.

Entre être arméno-libanais et espagnol, aujourd’hui, le look a de l’importance pour vous ? Et pour lequel avez-vous opté ?
Je considère que je suis très fortuné de m’identifier à plusieurs places et pays, et que cela se reflète dans ma musique.

Ce serait quoi pour vous le « after work » ?
Après tant de kilomètres par avion, bus, train, et une moyenne de 150 concerts par an, il reste bien peu de temps libre ! Alors j’essaye de rester, autant que possible, auprès de mon fils.

Quel programme jouerez-vous aux mélomanes libanais ?
Je vais interpréter des œuvres de Mozart, Bach, Paganini tout aussi bien que du Jimmy Hendrix, Radiohead, Led Zeppelin et des opus de ma composition.

Qu’avez-vous à dire au public de Byblos qui vient vous applaudir ?
Jouer au Liban, devant un auditoire libanais, sera toujours pour moi un grand moment d’émotion, car tout a commencé en 1981 sur cette terre quand j’avais encore 12 ans… Et c’est le public libanais qui m’a lancé…

*Ara Malikian sera le 27 juillet sur la scène du Festival de Byblos.

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