Compétition FFE : 25 candidates toujours en lice

Quelque 78 candidats ont participé à la compétition FFE cette année, soit 20 de plus que lors de la précédente édition. Photo DR

LIBANL’Agence universitaire de la francophonie et l’incubateur Berytech ont présélectionné les meilleurs projets qui seront départagés en septembre.

S.Ro. | OLJ
05/08/2017
Trois mois après le lancement de la 6e édition de la compétition Femme francophone entrepreneure (FFE), 25 candidates retenues après une première présélection entrent dans le vif du sujet. Depuis la mi-juillet, ces femmes bénéficient en effet de la première phase de formation dédiée à l’écriture d’un business plan.

L’édition 2017 du prix FFE, lancée en avril dernier par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et l’incubateur Berytech, en partenariat pour la deuxième année consécutive avec L’Orient-Le Jour et Le Commerce du Levant, est d’ores et déjà un beau succès, puisque 78 candidatures ont été reçues, soit 20 de plus que lors de l’édition précédente. Outre l’exposition médiatique du concours, cette progression s’explique par l’accélération de l’écosystème entrepreneurial libanais depuis 2013, année au cours de laquelle la Banque du Liban (BDL) avait émis sa circulaire 331 qui a permis d’injecter plus de 400 millions de dollars dans l’écosystème numérique libanais, estime la chargée du soutien aux start-up à Berytech, Joanna Abi Abdallah. « Aujourd’hui, beaucoup plus de femmes se disent : pourquoi pas moi ? »

Autocensure

Dans un premier temps, les postulantes au prix FFE, qui a pour but de soutenir deux femmes dans la création de leur projet entrepreneurial grâce à une subvention de 20 000 euros (21 000 dollars) offerte par l’AUF, ont disposé de 8 semaines pour remplir le dossier de candidature en bénéficiant de l’assistance de l’AUF et de Berytech.
L’AUF et Berytech ont présélectionné les meilleurs projets selon une dizaine de critères tels que le caractère innovant de l’idée ou encore le sérieux de l’étude de marché. « Aspect positif, les dossiers reçus étaient créatifs et incluaient des membres d’équipe qualifiés », note Joanna Abi Abdallah. Parmi leurs faiblesses, Mme Abi Abdallah évoque le manque de recherche ou d’analyse de la concurrence.
Après délibération, 25 projets ont donc été présélectionnés, avant d’être répartis en deux groupes en fonction de leur niveau d’avancement. Cette phase se clôturera le 16 août prochain lors du dépôt des business plans qui seront examinés par un jury. Une seconde sélection aura alors lieu, au terme de laquelle 10 projets seront retenus. Les finalistes commenceront alors une seconde phase de formation dont l’objectif sera d’apprendre à présenter leur projet.

En plus des formations de groupe, les participantes peuvent bénéficier de conseils personnalisés de la part de l’équipe Business Support de Berytech, grâce à une subvention de la Banque mondiale. C’est ensuite en septembre que les équipes présenteront leur projet lors d’une cérémonie officielle devant un jury qui choisira deux gagnantes. Outre le prix de 20 000 euros, elles pourront intégrer l’incubateur de Berytech à partir de janvier 2018.

Dans le cadre de cette compétition, les femmes entrepreneuses dont le projet n’a pas été retenu ont été encouragées à poursuivre leur travail, et d’autres organismes et initiatives de l’écosystème qui pourraient les aider leur ont été présentés : al-Majmoua, Blessing Foundation, la Cartier Women Initiative Awards, Kafalat… Les porteuses de projet sont également encouragées à s’inscrire et participer à d’autres initiatives comme la We Initiative de la banque BLC ou la Lebanese League for Women in Business (LLWB), et à visiter le site d’IDAL afin de bénéficier d’autres opportunités qui leur permettront de faire avancer leurs projets. Ce soutien, qui s’étend au-delà de la compétition elle-même, est révélateur de la philosophie du prix FFE : ouvrir le plus grand possible les portes de l’entrepreneuriat aux Libanaises.

Selon Joanna Abi Abdallah, les femmes « s’autocensurent » encore beaucoup par rapport aux hommes. Lors du lancement de la 6e édition de FFE, Berytech avait ainsi souligné que la participation féminine aux autres concours organisés par ses soins plafonnait à 30 %, ce qui représentait 10 à 15 projets au maximum. « Lorsque je vois que nous en recevons près de 80 pour le FFE, je me demande où sont toutes ces femmes lorsqu’il s’agit de compétitions qui ne les ciblent pas ? » s’interroge Mme Abi Abdallah, qui suggère plusieurs pistes pour encourager leur participation. « Les accélérateurs et incubateurs pourraient mettre en place des quotas de femmes. Les universités ont aussi un rôle à jouer en encourageant les étudiants à réfléchir sur un projet entrepreneurial. »

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