Cinq questions sur la “guerre froide” entre l’Arabie et l’Iran


Le prince hériter saoudien Mohammed Ban Salmane et le président iranien Hassan Rohani. Photos AFP

CRISE“Le risque d’escalade semble atténué par la peur d’une guerre”, selon un chercheur.

OLJ/AFP
12/11/2017

La guerre des mots entre l’Arabie saoudite et l’Iran reflète une rivalité croissante entre ces deux pays du Golfe mais les risques d’un affrontement militaire direct entre Riyad et Téhéran restent à ce jour limités.

POURQUOI CE REGAIN DE TENSION?

L’Arabie saoudite, championne du wahhabisme, doctrine rigoriste de l’islam sunnite, et la République islamique d’Iran, chiite, ont rompu leurs relations diplomatiques en 2016 et, dans leur lutte d’influence, soutiennent des camps rivaux au Liban, en Irak, en Syrie et au Yémen.

Depuis le 4 novembre, la tension entre les deux pays a été ravivée par la démission du Premier ministre libanais Saad Hariri, qui, de Riyad, a accusé l’Iran d’ingérence au pays du Cèdre par le biais du Hezbollah, mouvement chiite soutenu par Téhéran.

Elle est encore montée d’un cran quand le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a accusé l’Iran d’avoir agressé son pays, en rendant Téhéran responsable d’un tir de missile des rebelles houthis au Yémen intercepté près de Riyad. Téhéran, niant toute implication, a appelé Riyad à ne pas jouer avec le feu et à se méfier de la “puissance” iranienne.

D’OÙ VIENT LA RIVALITÉ IRANO-SAOUDIENNE?

Au-delà de l’antagonisme atavique entre Perses et Arabes, la concurrence entre Riyad et Téhéran a été exacerbée par la révolution iranienne de 1979 et l’avènement de la République islamique, porteuse d’un message révolutionnaire d’émancipation populaire et farouchement antiaméricain, perçu comme une menace par l’Arabie, monarchie conservatrice alliée des Etats-Unis.

Riyad sera un des principaux financiers de Saddam Hussein pendant la guerre entre l’Irak et l’Iran (1980-1988). Avec l’affaiblissement de l’Irak après la guerre du Golfe (1991), l’Arabie et l’Iran deviennent “les deux principales puissances régionales”, relève Clément Therme, chercheur à l’International Institute for Strategic Studies (IISS), pour qui leur rivalité est d’abord “géostratégique”.

Riyad voit comme une menace pour sa propre sécurité l’influence régionale grandissante de l’Iran avec les guerres en Irak et en Syrie, et la poursuite du programme balistique iranien. Pour l’Iran, qui s’estime encerclé par des bases américaines et menacé par les arsenaux constitués par ses voisins auprès des Etats-Unis, les missiles qu’il développe sont purement défensifs.

COMMENT LA CRISE RISQUE-T-ELLE D’ÉVOLUER?

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