CAMPUS : Hani Safi : Il est temps d’investir dans les cerveaux humains

  Abandonner l’Université libanaise, c’est se détourner des intérêts de la population et de ceux du Liban  , avertit le Dr Hani Safi, directeur de la faculté d’info, section 2, de l’UL.
LIBRE COURSÀ la tête de la faculté d’information, section 2, de l’Université libanaise (UL) depuis février, le Dr Hani Safi appelle les responsables à soutenir réellement et concrètement l’établissement public

24/03/2017

 

En cette période de marasme économique et d’austérité budgétaire, c’est un appel national que lance, comme une bouteille à la mer, le Dr Hani Safi, nouveau directeur de la faculté d’info, section 2, de l’UL. « Je m’adresse au président de la République, aux membres du gouvernement, aux députés, aux chefs des partis politiques, aux responsables… L’Université libanaise répond à un besoin réel et représente une nécessité vitale pour notre société. L’abandonner, c’est se détourner des intérêts de la population et de ceux du Liban », plaide-t-il
Devant le constat que : les universités privées où les droits de scolarité sont de plus en plus élevés sont devenues inaccessibles pour une large tranche des Libanais », le Dr Safi, qui possède à son actif un doctorat en philosophie de l’Usek, ainsi que deux diplômes en gestion de l’USJ et en presse de l’UL, souligne « l’importance cruciale de l’Université libanaise pour les classes moyennes et défavorisées dans toutes les régions du Liban
« Nombre d’universités privées sont importantes. Leurs diplômes sont d’un niveau élevé, admet-il. Mais ignorer ou sous-estimer le rôle que joue l’UL auprès des Libanais aura de graves conséquences sur l’ensemble du pays. » Et d’avertir : « De nos jours, une personne sans éducation universitaire de qualité verra son rôle social ou culturel profondément amputé. En ce début du XXIe siècle, on ne peut pas se permettre de négliger l’éducation. Il est urgent pour le Liban d’investir dans les cerveaux. » Le Dr Safi rappelle également que :  c’est tout le système éducatif, mais particulièrement l’enseignement public – des écoles aux universités, en passant par les lycées – qui doit être réformé et modernisé
Évoquant les limites du marché local du travail qui poussent de nombreux diplômés à se tourner vers les pays du Golfe, le nouveau directeur alerte les responsables sur le fait qu’au dernier classement des universités dans le monde arabe, les universités du Koweït et de Dubaï ont devancé l’UL. « C’est une catastrophe pour le Liban. Et qui ne sera certainement pas résolue avec les réductions budgétaires imposées dernièrement. Nous demander de nous serrer la ceinture, c’est mettre en péril la qualité des laboratoires, des équipements, des recherches… Les répercussions de cette politique se feront rapidement ressentir et sur les étudiants et les enseignants… », ajoute-t-il

Intéressants projets à court et à long terme
Les prochains changements prévus à la faculté d’info, section 2, de l’UL comprennent le lancement de trois nouveaux masters spécialisés en journalisme numérique, économique et écologique. « La réforme de nos programmes a commencé il y a quelques mois déjà. Il était important d’y intégrer le numérique et les nouvelles technologies », souligne le Dr Safi
En tant que nouveau directeur de la faculté d’info, il confie faire face à plusieurs défis. En premier, la mise en place des nouveaux programmes dans les trois départements de la faculté – la presse, les sciences de l’information et les relations publiques – qui attend le feu vert du Conseil de l’université. Pour le Dr Safi, non moins importantes que les disciplines offertes, les méthodes d’enseignement méritent, elles aussi, d’être revisitées et actualisées de manière à rendre les cours plus dynamiques, plus interactifs, et l’enseignement plus efficace
« Les autres défis sont liés au marché du travail. Nos diplômés en science de l’information trouvent tous du travail et rapidement après l’obtention de leurs diplômes. Les diplômés en relations publiques ne rencontrent pas de difficultés, non plus, pour se trouver une place dans la sphère professionnelle en lien avec leur domaine d’études. En ce qui concerne le journalisme, nous sommes conscients que les médias au Liban sont saturés. Je n’ai malheureusement pas de chiffres quant au pourcentage des diplômés en journalisme qui travaillent dans ce domaine », confie le directeur, qui affirme caresser le projet de constituer une commission interne pour étudier le marché du travail, évaluer les opportunités et estimer les besoins des médias, au Liban et dans le monde arabe

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