CAMPUS : Entreprendre (et gagner) en français avec les Mots d’or

24/03/2017

 

« Créé en 1988, à l’initiative de l’association Actions pour promouvoir le français des affaires (APFA), le concours des Mots d’or de la francophonie vise à faire la promotion auprès des jeunes francophones de l’utilisation du français en tant que langue des affaires, notamment à travers la traduction en français du vocabulaire technique emprunté à ce domaine », souligne Hervé Sabourin, directeur régional de l’AUF au Moyen-Orient. Organisée par l’APFA, l’Institut français du Liban (IFL), la direction régionale Moyen-Orient de l’AUF et l’Institut des finances Basil Fuleihan, la troisième édition des Mots d’or a connu une diversité certaine au niveau des institutions et des professionnels participants ainsi qu’au niveau des spécialités et des nationalités des candidats, comme le souligne Pascale Asmar, déléguée de l’APFA pour le Liban. Et de noter : « Cette année, la mission de ce concours coïncide avec le thème de la Semaine de la langue française et de la francophonie : Le français sur la toile”, un français qui défend son existence et son inscription au cœur du monde entrepreneurial et technologique d’aujourd’hui
Sept établissements universitaires ont pris part au concours : l’Université libanaise, l’Université Saint-Joseph, l’Université Saint-Esprit de Kaslik, l’Université islamique du Liban, l’Université Jinan, la Modern University for Business and Sciences et l’Université arabe de Beyrouth. À l’issue de l’épreuve écrite organisée le 15 mars, 17 étudiants, guidés par des enseignants des universités auxquelles ils appartiennent, et 5 jeunes professionnels ont été sélectionnés afin de participer à la finale du concours

Des projets originaux et réalistes
L’épreuve ultime de ce concours s’est tenue le mercredi 22 mars, à la salle Montaigne de l’IFL. Plusieurs figures publiques ainsi qu’un grand nombre d’étudiants ont assisté à la cérémonie, animée par neuf étudiants musiciens en provenance de la faculté des sciences, section 2, de l’UL
Avant de défendre leurs projets fictifs d’entreprise devant le jury, les douze finalistes (7 étudiants et 5 professionnels) ont reçu des médailles d’or, un abonnement à L’Orient-Le Jour pour une durée de trois mois et un abonnement au Cinéma Montaigne pour un an. Le jury, présidé par Fouad Zmokhol, président mondial du Rassemblement des dirigeants et chefs d’entreprise libanais (RDCL World), est composé de Pascale Asmar, déléguée de l’APFA pour le Liban, Hervé Sabourin, directeur régional de l’AUF au Moyen-Orient, Carole Dandeville, attachée de coopération éducative à l’IFL, Rola Darwiche, directrice des relations externes de l’Institut des finances Basil Fuleihan, Jihad Bitar, directeur de Smart Esa, et Michel Hélou, directeur exécutif de L’Orient-Le Jour. Les candidats ont été évalués sur la créativité de leur projet, leur maîtrise de la langue française, leur présentation orale et leur débat avec le jury. « Le plus important est que le projet soit original, réaliste et ancré dans la réalité libanaise en offrant une solution à l’un de ses problèmes », souligne Mme Asmar

Des prix de valeur
C’est Christine Gemayel, étudiante en 2e année de gestion à l’UL, qui a remporté le prix des Mots d’or pour la catégorie « étudiants ». Son projet écologique tourne autour d’une usine capable de produire de l’électricité pour alimenter un village, et cela à partir de ses propres déchets organiques. Élias Nader est le lauréat de la catégorie jeunes professionnels. Son projet consiste en la construction d’un musée de miniatures qui offrirait une expérience culturelle, émotionnelle et sociale au public en lui permettant d’être témoin du chevauchement des différentes cultures. Un projet qui renforce, selon lui, une qualité que le divertissement perd : l’aspect culturel. Les deux lauréats bénéficient chacun d’un séjour à Paris pris en charge par l’AUF, l’IFL et l’APFA, pour participer aux manifestations de la Semaine de la francophonie en mars 2018
« La francophonie est un ensemble de valeurs communes comme la solidarité, la diversité culturelle et la démocratie. Des valeurs qui se renforcent grâce à de telles manifestations », estime la directrice des relations externes de l’Institut des finances Basil Fuleihan. Impressionnée par le niveau des étudiants libanais qui participent aux concours organisés à l’occasion du Mois de la francophonie, Véronique Aulagnon, directrice de l’IFL et conseillère de coopération et d’action culturelle, les incite à continuer à utiliser cette langue :  Parler français, ce n’est pas uniquement posséder une langue de culture mais, étant la troisième langue des affaires, c’est une langue utile qui ouvre de nouvelles perspectives et opportunités
C’est dans les yeux de ces étudiants et de ces jeunes entrepreneurs « qu’on prend les vitamines qui nous manquent pour persévérer et se battre tous les jours », indique pour sa part le Dr Zmokhol. À ces jeunes soucieux de l’avenir de leur pays, le représentant de la zone Moyen-Orient au nouveau Conseil d’orientation stratégique de l’AUF assure :  C’est dans les crises que l’on peut devenir entrepreneur. Malgré l’environnement actuel difficile et instable, de grandes opportunités existent pour créer et vendre vos idées. Les grandes entreprises au Liban ne peuvent plus investir, l’avenir appartient aux microentreprises qui ne peuvent être créées que par des jeunes diplômés dotés d’un dynamisme et d’une persévérance et qui eux seuls peuvent aider à la croissance de notre pays

DES JEUNES MUSICIENS TRÈS DOUÉS À LA FS2

Après le grand succès qu’ils ont réalisé lors de la journée artistique et culturelle libano-française organisée à la faculté des sciences, section 2, de l’UL (FS2), en 2016, Myriam, Perla, Ryan, Tracy, Joseph, Eugénie, Johnny, Élie et Cybèle, tous étudiants à la FS2, ont de nouveau séduit le public lors de la finale des Mots d’or. « Heureux, excités, après avoir appris du chef de département de langues étrangères à la FS2, Majida Jalbout, que nous animerons cette cérémonie, nous nous sommes rapidement lancés dans les répétions après avoir préparé le programme de la soirée », raconte Perla. Concilier les différents horaires des membres du groupe, répéter sans déranger les classes, ce n’était pas facile, comme l’explique Ryan. Pourtant, les jeunes musiciens ont relevé le défi et réussi à enflammer la scène. Leur secret ? La cohésion du groupe pour Johnny. L’épanouissement et le plaisir que leur procure la musique pour Cybèle. « L’art nous permet également de tisser de nouveaux liens d’amitié avec d’autres étudiants qui possèdent des talents musicaux », renchérit Tracy
La passion qu’ils ont pour la musique a renforcé les liens entre ces jeunes qui espèrent pouvoir obtenir bientôt la permission de la direction de leur faculté pour officialiser le club musical qu’ils ont créé

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