CAMPUS : De nouveaux sujets d’étude pour les jeunes physiothérapeutes

Abbas Abbas, Layla Makary, Tatiana Abi Nader et Saba Outayeck, le 28 juillet 2017, lors de la soirée de remise des diplômes à l’Université Sainte-Famille de Batroun.
RECHERCHEDes étudiants en physiothérapie de l’USF ont mené deux recherches inédites portant sur l’importance de la prise en charge des musiciens et des chirurgiens-dentistes au Liban.

26/08/2017

Pour leur projet de fin d’études, deux groupes d’étudiants en 4e année de licence de physiothérapie à l’Université Sainte-Famille de Batroun ont réalisé de grandes enquêtes sur le terrain afin de repérer les problèmes liés à la pratique des métiers de chirurgien-dentiste et de pianiste. Les résultats révèlent que, sur le plan local, les personnes exerçant ces métiers négligent trop souvent de consulter un physiothérapeute alors que leur état de santé nécessite une prise en charge urgente.

Layla Makary, Boulos Iskandar et Abbas Abbas ont mis en évidence, dans leur projet intitulé « La lombalgie chez les dentistes », que le métier de chirurgien-dentiste n’est pas sans risque pour la santé de ceux qui le pratiquent. La lombalgie étant le plus souvent la pathologie que développent ces professionnels, celle-ci, non traitée, peut mettre la carrière du chirurgien-dentiste en danger. « Notre enquête a été menée auprès de 81 chirurgiens-dentistes, et montre que 71 % d’entre eux présentent une lombalgie. Ces résultats sont alarmants et permettent d’affirmer que les dentistes doivent bénéficier de conseils et de prise en charge physio-thérapeutique », souligne Abbas Abbas. Layla Makary, elle-même issue d’une famille de chirurgiens-dentistes, poursuit : « Nous avons détaillé les différents facteurs de risque qui interviennent dans le développement de cette maladie, dont la posture statique contraignante du bas du dos du dentiste, ses mouvements répétitifs, son travail qui nécessite de fournir des efforts importants, etc. » Après avoir étudié la prévalence des troubles musculo-squelettiques au niveau de la région lombaire liés à la pratique de la chirurgie dentaire, les jeunes physiothérapeutes sont en mesure de donner des conseils personnalisés et de proposer un traitement adéquat aux patients.

Parce que les musiciens peuvent aussi souffrir de blocages, crispations et fatigue liés à la pratique de leur métier, Tatiana Abi Nader, Saba Outayeck et Rawad Semaan se sont, eux, consacrés à l’étude des « troubles musculo-squelettiques liés à la pratique du piano » dont sont victimes les musiciens professionnels. « Nous nous sommes longuement documentés sur le sujet pour pouvoir mettre en évidence le fait que les musiciens professionnels doivent également être pris en charge par un physiothérapeute, chose qu’ils négligent de faire dans la plupart des cas, et développent donc inévitablement des maladies professionnelles », explique Tatiana Abi Nader. Saba Outayeck, lui-même musicien, souligne que de très nombreux professionnels pratiquent leur instrument dans la douleur : « Nous avons mené notre enquête auprès de 50 pianistes professionnels libanais exerçant dans des conservatoires et écoles de musique, et nous avons découvert qu’ils présentent tous des troubles musculo-squelettiques, et plus particulièrement des douleurs au niveau de la main et de l’épaule. » Les jeunes ajoutent que, dans la plupart des cas, une période de rééducation s’impose car la posture du pianiste, ses gestes répétitifs et ses innombrables heures de pratique peuvent provoquer une dystonie de fonction et une perte du contrôle de la main. Le groupe a également présenté les pathologies les plus fréquentes liées à la pratique de cet instrument et a proposé des solutions et des traitements adaptés pour aider les pianistes à prévenir et atténuer leurs douleurs physiques.

Objectif : prévention

Les membres du jury de soutenance ont apprécié les efforts fournis par ces étudiants dont les travaux de fin d’études leur ont permis d’obtenir de très bons résultats. « Ces jeunes ont travaillé sérieusement sur des sujets originaux et intéressants et ont réussi à mettre en lumière des maladies professionnelles méconnues du grand public. Éviter d’avoir des douleurs est primordial dans la pratique de son métier, et le physiothérapeute a un rôle non négligeable pour permettre à ces professionnels d’être pleinement performants », note Pierre Khazen, docteur en physiothérapie ayant dirigé ces deux projets.

Les physiothérapeutes fraîchement diplômés insistent sur l’importance d’assurer la prévention des maladies musculo-squelettiques auprès du grand public, surtout qu’au Liban, quel que soit leur secteur d’activité, ceux qui pratiquent des métiers éprouvants négligent d’écouter leur corps et font souvent l’impasse sur la prise en charge physio-thérapeutique. « Notre étude a démontré que même en début de carrière, un chirurgien-dentiste peut souffrir de lombalgie ; il est donc important de former la jeune génération en vue de prévenir les maladies », précise Layla Makary. Saba Outayeck et Tatiana Abi Nader soulignent quant à eux qu’il faut apprendre à écouter son corps et ne pas minimiser la douleur en pratiquant son métier, d’où la nécessité de la prévention, des conseils et des traitements dispensés par les physiothérapeutes.

Diplôme en poche, ces jeunes espèrent pouvoir trouver du travail auprès des sujets qu’ils ont étudiés car « ces derniers doivent bénéficier des conseils et de la prise en charge d’un professionnel, et cela nous ouvrira des opportunités de travail dans un pays où le nombre de physiothérapeutes ne cesse d’augmenter », concluent-ils à l’unanimité.

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