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Académie française : qui pour occuper les sept fauteuils vides sous la coupole

vue générale prise le 04 décembre 2003 sous la coupole de l’Institut de France à Paris, de la séance publique annuelle de l’Académie Française. AFP PHOTO JOEL ROBINE / AFP PHOTO / JOEL ROBINE

Depuis la mort de Jean d’Ormesson, ils ne sont plus que trente-trois immortels sur quarante. Une élection aura lieu ce jeudi 14 décembre. Et après ? Les académiciens pourraient accueillir Frédéric Mitterrand, Antoine Compagnon, Michel Schneider ou même Fabrice Luchini, défenseur indéfectible des grands auteurs français.

Ils ne sont plus que trente-trois sur les quarante immortels. Depuis la mort de Jean d’Ormesson, il y a désormais sept fauteuils vides à l’Académie française. Et quels fauteuils! En plus de celui de l’auteur d’Au plaisir de Dieu, les autres étaient occupés par Alain Decaux (mort en mars 2016), Philippe Beaussant (en mai 2016), Michel Déon (en décembre 2016), Simone Veil (en juin 2017) et Max Gallo (en juillet 2017).

Le fauteuil numéro 37 de René Girard, décédé en novembre 2015, devrait trouver un nouvel académicien ce jeudi 14 décembre puisqu’aura lieu une élection. Verdict à 16 heures. Parmi les candidats, on note la présence du médiéviste Michel Zink, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et Thierry de Montbrial, ancien président de l’Institut de France.

Rarement, la Compagnie aura connu une telle hémorragie. Il faudra du temps pour remplacer ceux qui ne sont plus là, généralement une année après leur décès. D’ailleurs, pour les six fauteuils vides en dehors de celui de René Girard, la vacance n’a pas encore été déclarée, c’est-à-dire que la date de l’élection n’a pas été fixée. Ainsi, petit à petit, on devrait pourvoir à leur remplacement. Il est possible que deux élections soient organisées en même temps.

Ce n’est pas la première fois que l’Académie se retrouve dans une telle situation. On se souvient des six fauteuils vides quand l’année 2007 avait été particulièrement brutale avec la disparition de six académiciens!

Le profil du bon candidat

On l’oublie trop souvent, mais il n’y a pas que des écrivains à l’Académie française. L’institution a une mission claire soulignée par son article 24: «La principale fonction de l’Académie sera de travailler, avec tout le soin et toute la diligence possibles, à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences.» Ayant à l’esprit cet objectif, elle peut accueillir en son sein des représentants de toute la société, même si les autres académies (Académie des inscriptions et belles-lettres, Académie des sciences, Académie des beaux-arts et Académie des sciences morales et politiques) sont là, aussi, pour recevoir des femmes et des hommes de qualité.

La Compagnie reste ouverte à tous, un bel exemple avec le professeur Pouliquen, ophtalmologue, élu en 2001, qui a porté, entre autres, le projet de la rubrique «Dire, ne pas dire» sur le site Internet de l’Académie.

Sous la Coupole, on a coutume de dire que le bon candidat doit être, non seulement, talentueux, mais aussi bon camarade. C’est feu Alain Decaux qui avait brossé le profil idéal en citant le diplomate Jacques Chastenet. On rappelle souvent ses mots: «Pour être accueilli à l’Académie française, il faut démontrer sa notoriété, son talent et sa courtoisie. Les deux premières exigences vont de soi. La troisième ne demande qu’un peu de réflexion: nous allons fréquenter le nouvel élu pendant des années…», avait-il dit. Erik Orsenna avait résumé tout cela par ces paroles: «L’Académie, c’est une compagnie, et, pour l’intégrer, il faut être un bon compagnon. Si c’est le meilleur des scientifiques et qu’il n’est pas d’un commerce agréable, il aura peu de chances d’être accueilli.» C’est dit.

Un autre signe: un prix reçu par l’Académie française, notamment le Grand Prix du roman ou le Grand Prix de littérature Paul Morand, peut être perçu comme un clin d’œil, une invitation à postuler.

La piste Fabrice Luchini

Alors, quels candidats vont postuler? On a déjà une idée, puisque certains ont déjà franchi le pas. Frédéric Mitterrand, l’ancien ministre de la Culture, en a envie. Il s’était présenté en mars 2016 au fauteuil d’Assia Djebar avant de se retirer au profit d’Andreï Makine, geste généralement apprécié des immortels.

Il y a ceux qui ont déjà eu un nombre de voix encourageant lors de leur première ou deuxième tentative et qui autorisent donc l’espoir. On pense à Sylvie Germain, Valère Novarina, Antoine Compagnon, Michel Schneider, qui avaient décroché au moins dix voix. Daniel Rondeau, Alain-Gérard Slama, Didier van Cauwelaert, Renaud Girard, Jean-Christian Petitfils avaient eu entre six et neuf «suffrages»…

Les immortels aimeraient bien attirer certains romanciers tels que Jean Echenoz ou Pascal Quignard. Mais il semble que ces derniers soient encore réticents. Ils verraient sans doute d’un bon œil la romancière et universitaire Chantal Thomas. Depuis la mort d’Assia Djebar et de Simone Veil, il n’y a plus que quatre femmes.

Enfin, l’Académie réaliserait un très joli «coup» en faisant entrer une personnalité qui porte de magnifique manière la langue française auprès du grand public: quel meilleur exemple que celui de Fabrice Luchini en habit vert? Bien sûr, la vie à l’Académie est telle qu’il trouvera face à lui des opposants. Mais il aura des soutiens, aussi. La Compagnie a besoin de porte-drapeau, en France et dans le monde.

Interdit aux plus de 75 ans

En 2010, la prestigieuse institution avait adopté un nouveau règlement limitant l’âge des candidats à 75 ans. Une petite révolution dans ce vénérable aréopage. Depuis, on ne peut plus être candidat à l’immortalité passé soixante-quinze printemps. L’objectif était clair: il s’agit non seulement de rajeunir «l’effectif», mais aussi d’encourager la candidature des personnalités encore dans la force de l’âge, capables de la soutenir activement dans ses missions de plus en plus nombreuses, notamment la défense de la langue française.

Ce règlement prive l’Académie de nombreuses personnalités appréciées telles que Mona Ozouf. Même pour l’immortalité, le temps est compté…

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